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Le "terrorisme", infraction politique....ou pas ?

Nous vivons une époque formidable de schizophrénie aiguë.

Un Parlement où siège une quinzaine de députés environs crée, à l'occasion de l'examen du projet de loi "Cazeneuve", LE délit politique par excellence, à savoir "le terrorisme".

En effet, non contents de bouter dans les bas-fonds du mépris bien-pensant deux siècles de notre histoire nationale fondatrice - qu'on l'approuve ou pas ce n'est même pas le sujet - (la Révolution, la Résistance...) en proposant de définir le "terrorisme" comme ""emploi de la terreur à des fins politiques" (si j'ai bien entendu et bien lu), notre Hémicycle, ne redoutant aucune contradiction, reconnaît ainsi à l'objet de son courroux (coucou) la qualité que jusqu'à présent, notre arsenal politcoo-judiciaire lui déniait, à savoir, explicitement, celui d'infraction politique, stricto sensu.

Nous  continuerons cependant très probablement à vivre dans un pays où le statut de prisonnier politique n'existe pas, où aucun régime spécial correspondant à cette infraction toute spéciale elle aussi et jugée d'ailleurs par des juridictions d'exceptions, n'existera. Ce qui en soi, posera également un sacré problème, à la fois juridique et philosophique, car comment justifier qu'existe désormais une infraction politique, un régime spécial de poursuites et de jugement, et que la personne poursuivie ait à se cogner le régime "de droit commun" de la peine?

Pire, cette définition va même entrer en totale contradiction avec les avis du CE sur l'extradition des "terroristes" (cf. CE 2 / 6 ssr, 24 février 1995, 161930) qui ont toujours estimé que le terrorisme ne ressortissait pas du politique, car ses modalités d'actions n'avaient pas "la noblesse" du politique et donc, que l'article 3-1 de la convention européenne de 1957 sur l'extradition n'était pas applicable.

UBU Roi, vous dis-je.....