Blog

L'avocat de la défense est-il un complotiste?

Selon certains beaux esprits (souvent pas les plus cultivés ni les mieux documentés mais jouissant d'un ministère moral dans cette société qui confine parfois à l'illégitimité ), remettre en question les "versions officielles" du 11 septembre, de l'affaire Tarnac, ou plus près de nous, de l'affaire Mérah...serait faire preuve de "complotisme" ou de "conspirationnisme".

En règle générale, ces personnes appuient leur "jugement" (qui est en réalité une simple opinion destinée exclusivement à disqualifier complètement l'interlocuteur à qui elle est adressée, donc, le niveau zéro de la rhétorique),  sur le seul argument que des actions mauvaises, cachées, manipulatoires, attentant à la vie de telle ou telle catégorie de "sa" population...seraient des choses que "l’État français" ou "le gouvernement américain" (dont tout le monde connaît l'immense droiture morale, la probité, et la charité chrétienne qu'ils mettent en œuvre quotidiennement de par le monde) ne pourraient pas faire, ne pourraient pas permettre, ou ne pourraient pas laisser faire, s'ils en avaient eu connaisance avant leur réalisation.

Lire la suite...

Fedor Plevako : la justice à la russe (Visions de la Russie, 28 mars 2014)

L'avocat le plus célèbre de Russie s'appelait Fedor Plevako (1842-1908). Son nom est devenu un nom commun. A l'époque, on disait « trouver un plevako, embaucher un plevako ». Il recevait des lettres adressées ainsi : Moscou. Au défenseur principal Plevako.

Dans sa jeunesse, il avait failli devenir révolutionnaire, et par la suite il évita avec application la politique. Il s'efforçait de ne pas intervenir dans les procès politiques, mais quoi qu'il fasse il ne put totalement l'éviter. Plevako défendit des étudiants qui avaient organisé des manifestations politiques, des paysans révoltés, des ouvriers. Ce furent des cas retentissants. Dans la salle étaient sûrement présents des combattants prêts à lancer des bombes. Des régiments de policiers bloquaient l'accès au tribunal.

En défendant les paysans, Plevako déclara : « J'ai trouvé des fauteurs de trouble et je les livre à la justice. Une pauvreté sans issue, le règne de l'arbitraire, une exploitation désinvolte amenant tout le monde à la ruine – les voici, les agitateurs ! ». Le juge dut les acquitter.

Lire la suite...

Jules Borker, une vie de résistance à toute injustice

julesborker2502Jules Borker, en 1972, avec Angela Davis, en Californie, où elle risquait la peine de mort. Photo : Mémoires d’Humanité/Archives départementales de la Seine-Saint-Denis

Il fut pendant plus de trente ans l’avocat de l’Humanité. Mais aussi celui d’Angela Davis, de Josette Audin, des travailleurs du Parisien libéré. Jules Borker est mort lundi matin. Il avait quatre-vingt-quatorze ans.

Jules Borker est né le 20 mai 1919 en Lituanie. Ses parents arrivent à Paris quatre ans plus tard et ouvrent un commerce dans le Sentier qui sera réquisitionné sous l’Occupation. Il se destinait à la médecine. La guerre et son engagement dans la Résistance en auront décidé autrement. Franc-tireur et partisan de décembre 1940 à la Libération, il dirigera des mouvements de jeunesse antinazis à Grenoble, Lyon, Toulouse. À la Libération, il se réoriente vers le droit. En 1947, il devient avocat. Et quel avocat ! Pour ceux qui l’ont côtoyé de près, tel Richard Valeanu qui fut son associé de longues années durant, « c’était un tribun extrêmement courageux », de la trempe de ceux qui ne se laissent pas démonter par les représentants du parquet. « Lors du procès des travailleurs du Parisien Libéré contre Amaury, je le vois encore se dresser et pointer le doigt dans la bedaine du procureur. »

La Loi c’est la Loi, pour tous ou pour personne

I

À l’occasion des tentatives patronales pour imposer dans les esprits et dans les faits le travail du dimanche et le travail de nuit comme une impérieuse nécessité pour plusieurs catégories de salariés et comme une manifestation ultime de « liberté », de nombreux journalistes professant sur des médias nationaux ou régionaux se sont constitués (à leur corps défendant ou pas, de plus ou moins bonne foi…) en véritables haut-parleurs de l’idéologie dominante dans ce qu’elle a de plus caractéristique : la propagation de concepts tordus et d’éléments d’information floutés, voire franchement inexacts.

On a assisté ainsi à une floraison de reportages, interviews, plateaux…dans lesquels la figure principale était celle « du-salarié-qui-n’est-qu’un-exemple-de-tous-ces-salariés-qui-ne-rêvent-que-de-pouvoir-travailler-le-dimanche-ou-la-nuit ».

Lire la suite...

Rosa LUXEMBURG : "Un devoir d'honneur" (sur les prisons et les prisonniers de droit commun)

"Nous n'avons sollicité ni "amnistie" ni pardon pour les prisonniers politiques qui ont été les victimes de l'ancien régime. Nous avons exigé notre droit à la liberté, par la lutte et la révolution, pour les centaines d'hommes et de femmes courageux et fidèles qui ont souffert dans les prisons et les forteresses, parce qu'ils ont lutté pour la liberté du peuple, pour la paix et pour le socialisme, contre la dictature sanglante des impérialistes criminels. Ils sont maintenant tous libérés. Et nous sommes à nouveau prêts pour la lutte.

Ce n'est pas les Scheidemann et leurs alliés bourgeois avec à leur tête le Prince Max von Baden qui nous ont libéré ; c'est la révolution prolétarienne qui a ouvert toutes grandes les portes de nos cellules [1].

Mais une autre catégorie d'infortunés habitants de ces lugubres demeures a été complètement oubliée. Jusqu'ici personne n'a pensé aux êtres pâles et maladifs qui souffrent derrière les murs des prisons pour expier des délits mineurs.

Lire la suite...