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Pour lutter contre le racisme, il faut lutter aussi contre le racialisme.

Le débat qui fait jour sur la suppression (ou pas) du mot "race " au premier alinéa de l’article 2 de la Constitution de 1958 («Elle assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine,de race, ou de religion ») me donne l’occasion d’apporter un point de vue à la fois juridique, politique et historique sur le sujet.

En parlant de racialisme, on peut faire référence à plusieurs travaux différents, ceux de TODOROV (mais aussi, pas forcément pour ce qui nous concerne, de TAGUIEFF), et également, moins directement certes, à ceux de BALIBAR et WALLERSTEIN sur ce qu’ils nommèrent excellemment « Les identités ambiguës ».

Par racialisme, j’entendrai donc précisément le fait de faire la promotion, par tous moyens, et quelles que soient les intentions réelles ou supposées, de l’existence de différentes races dans le genre humain.

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"Changer le monde et se changer", Alain ACCARDO (2002)

Changer le monde et se changer

Le Passant Ordinaire : Alain Accardo, votre livre De notre servitude involontaire est une lettre à vos camarades de gauche dans laquelle vous commencez par réfuter l’idée que le capitalisme se définirait par ses seules structures économiques qui s’imposeraient aux individus de l’extérieur d’eux-mêmes. Pouvez-vous nous dire en quoi le capitalisme tire sa force « du dedans » de nous-mêmes ?

Alain Accardo : À cette question, on peut donner une réponse générale d’abord, valable pour tous les types d’organisation sociale. Dans la société capitaliste, comme dans n’importe quelle autre, l’ordre social repose fondamentalement et nécessairement sur deux piliers, comme dirait Maurice Godelier : un pilier objectif, celui de la force et des contraintes de toute nature qui s’exercent de l’extérieur sur les agents sociaux, et un pilier subjectif, celui du consentement personnel qui s’enracine dans la psychologie de chacun, au plus intime de son intériorité.

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