Les Chibanis parisiens bien décidés à ne rien lâcher - par Nadir DENDOUNE

Crédit Photo Jean-Michel Sicot

 Crédit Photo Jean-Michel Sicot

La bataille n'est pas gagnée mais les « chibanis » du 73 rue du Faubourg Saint-Antoine à Paris ont un peu retrouvé le sourire. « Il y a quelques semaines, quand nous avons appris que nous allions être expulsés, j'ai vraiment cru qu'on allait tous se retrouver à la rue », raconte Achour Amarouche, un Algérien de 69 ans, arrivé en France en 1963. « Aujourd'hui, de voir autant de monde venir nous soutenir, ça nous réchauffe le cœur », s'enthousiasme celui qui réside dans cet hôtel depuis 1980.

Les Chibanis parisiens bien décidés à ne rien lâcher
Mohamed Tinicha, Algérien, 70 ans. Arrivé en France au début des années 60. Résidant à l'hôtel depuis 1969. Crédit photo / Jean Michel Sicot

Depuis 5 jours maintenant, les « chibanis » ont vu défiler députés, avocats, journalistes, mais aussi beaucoup d'anonymes, venus simplement leur apporter un soutien moral. Tout débute quand en juin dernier Zakia Ait-Tayeb, qui gère cet hôtel meublé, à deux pas de la place de la Bastille, depuis plus de trente ans, mais qui n'est pas la propriétaire des lieux, demande à la quarantaine de résidents, de quitter leur chambre le plus vite possible.

 Un véritable coup de massue qui s'abat sur la tête des ces hommes, surpris par cette annonce brutale. Certains vivent ici depuis près de 40 ans. Quelques uns sont malades et restent en France pour se faire soigner, d'autres sont trop habitués à vivre ici pour rentrer au pays. La plupart n'ont pas de familles en France. Tous se demandent où iront-ils une fois mis à la porte.

Les chibanis en veulent aujourd'hui beaucoup à la gérante, au courant de leur expulsion depuis juin 2013, un jugement du tribunal de grande instance de Paris a été rendu à cette période et qui ne les a prévenus qu'un an plus tard, préférant selon beaucoup, « garder le silence pour continuer à toucher les loyers ». « Faux, rétorque cette dernière, jointe au téléphone. J'ai fait appel de la décision du jugement et j'ai eu la réponse qu'en mai dernier. J'ai de très bonnes relations avec les locataires, continue-elle. Je suis désolée pour eux, mais moi aussi je suis perdante dans cette histoire.»

Des explications qui font sourire Maître Houari, venue il y a deux jours au 73, rue du Faubourg Saint-Antoine avec une consœur, « rencontrer ces hommes » et voir quelle aide juridique elle « pouvait leur apporter ». « Le jugement rendu par le tribunal de grande instance de Paris daté du 26 juillet 2013 était un jugement définitif. Nous avons cherché à savoir quand avait démarré la procédure », raconte l'avocate.

« Les propriétaires de cet hôtel voulaient, notamment pour des raisons d'insalubrité, récupérer leur bien dès 2000 », continue Maitre Tuaillon, sa consœur. Les deux avocates découvrent également que pour « dédommager » la gérante, la justice ordonne le versement de quelques 457 000 euros, une somme bloquée pour le moment
sur le séquestre juridique Carpa. « Pour toucher l'argent, je devais vider l'hôtel en trois mois, précise Zakia Ait-Tayeb. Je n'y suis pas arrivée », dit-elle calmement.

Les juristes découvrent aussi que la gérante s'occupe de plusieurs autres établissements, dans le Val d'Oise, en Seine-Saint-Denis, mais aussi dans les Hauts de Seine, et « pas toujours de la meilleure des manières », si l'on en juge les déclarations de certains locataires de ces lieux franciliens, qui préfèrent pour l'instant garder l'anonymat.

L'une d'entre elles est même partie se plaindre auprès de son maire, et compare la gérante à un « marchand de sommeil, sans foi ni loi ». « Oui, je gère ces établissements. Et alors, ce n'est pas leurs affaires, répond agacée Zakia Ait-Tayeb. Je suis commerçante depuis quarante ans, se justifie-t-elle. Et je n'ai rien à me reprocher ».

Depuis qu'ils ont appris leur éviction, les chibanis du 73, rue du Faubourg Saint-Antoine, ont arrêté de verser leur loyer à la gérante. « Je suis arrivé dans cet hôtel le 5 mai 1969, lâche Mohamed Tinicha et j'ai toujours payé mon loyer en temps et en heure. Je n'aurais jamais pensé qu'on en arriverait là ».

Demain, mercredi 9 août à 18 h, Mohamed ira défiler à Paris, place du Palais Royal avec ses autrescopains chibani pourfaire entendre leur voix. Pour beaucoup, il s'agira de leur première manifestation. Un rassemblement organisé par le Droit au Logement (DAL) qui a été les premiers à les soutenir...

Nadir Dendoune

 

Source originale Le Courrier de l'Atlas

 

La bataille n’est pas gagnée mais les « chibanis » du 73 rue du Faubourg Saint-Antoine à Paris ont un peu retrouvé le sourire. « Il y a quelques semaines, quand nous avons appris que nous allions être expulsés, j’ai vraiment cru qu’on allait tous se retrouver à la rue », raconte Achour Amarouche, un Algérien de 69 ans, arrivé en France en 1963. « Aujourd’hui, de voir autant de monde venir nous soutenir, ça nous réchauffe le cœur », s’enthousiasme celui qui réside dans cet hôtel depuis 1980.

 

Les Chibanis parisiens bien décidés à ne rien lâcher
Mohamed Tinicha, Algérien, 70 ans. Arrivé en France au début des années 60. Résidant à l'hôtel depuis 1969. Crédit photo / Jean Michel Sicot

 

Depuis 5 jours maintenant, les « chibanis » ont vu défiler députés, avocats, journalistes, mais aussi beaucoup d’anonymes, venus simplement leur apporter un soutien moral. Tout débute quand en  juin dernier Zakia Ait-Tayeb, qui gère cet hôtel meublé, à deux pas de la place de la Bastille, depuis plus de trente ans, mais qui n’est pas la propriétaire des lieux, demande à la quarantaine de résidents, de quitter leur chambre le plus vite possible.

Un véritable coup de massue qui s’abat sur la tête des ces hommes, surpris par cette annonce brutale. Certains vivent ici depuis près de 40 ans. Quelques uns sont malades et restent en France pour se faire soigner, d’autres sont trop habitués à vivre ici pour rentrer au pays. La plupart n’ont pas de familles en France. Tous se demandent où iront-ils une fois mis à la porte.

Les chibanis en veulent aujourd’hui beaucoup à la gérante, au courant de leur expulsion depuis juin 2013, un jugement du tribunal de grande instance de Paris a été rendu à cette période et qui ne les a prévenus qu’un an plus tard, préférant selon beaucoup, « garder le silence pour continuer à toucher les loyers ». « Faux, rétorque cette dernière, jointe au téléphone. J’ai fait appel de la décision du jugement et j’ai eu la réponse qu’en mai dernier. J’ai de très bonnes relations avec les locataires, continue-elle. Je suis désolée pour eux, mais moi aussi je suis perdante dans cette histoire.»

Des explications qui font sourire Maître Houari, venue il y a deux jours au 73, rue du Faubourg Saint-Antoine avec une consœur, « rencontrer ces hommes » et voir quelle aide juridique elle « pouvait leur apporter ».  « Le jugement rendu par le tribunal de grande instance de Paris daté du 26 juillet 2013 était un jugement définitif. Nous avons cherché à savoir quand avait démarré la procédure »,  raconte l’avocate.

« Les propriétaires de cet hôtel voulaient, notamment pour des raisons d'insalubrité, récupérer leur bien dès 2000 », continue Maitre Tuaillon, sa consœur. Les deux avocates découvrent également que pour « dédommager » la gérante, la justice ordonne le versement de quelques 457 000 euros, une somme bloquée pour le moment
sur le séquestre juridique Carpa. « Pour toucher l’argent, je devais vider l’hôtel en trois mois, précise Zakia Ait-Tayeb. Je n’y suis pas arrivée », dit-elle calmement.

Les juristes découvrent aussi que la gérante s’occupe de plusieurs autres établissements, dans le Val d'Oise, en Seine-Saint-Denis, mais aussi dans les Hauts de Seine, et « pas toujours de la meilleure des manières », si l'on en juge les déclarations de certains locataires de ces lieux franciliens, qui préfèrent pour l'instant garder l'anonymat. 

L'une d'entre elles est même partie se plaindre auprès de son maire, et compare  la gérante à un « marchand de sommeil, sans foi ni loi ». « Oui, je gère ces établissements. Et alors, ce n’est pas leurs affaires, répond agacée Zakia Ait-Tayeb. Je suis commerçante depuis quarante ans, se justifie-t-elle. Et je n'ai rien à me reprocher ».

Depuis qu’ils ont appris leur éviction, les chibanis du 73, rue du Faubourg Saint-Antoine, ont arrêté de verser leur loyer à la gérante.  « Je suis arrivé dans cet hôtel le 5 mai 1969, lâche Mohamed Tinicha et j'ai toujours payé mon loyer en temps et en heure. Je n'aurais jamais pensé  qu'on en arriverait là ».

Demain, mercredi 9 août à 18 hMohamed ira défiler à Paris, place du Palais Royal avec ses autrescopains chibani pourfaire entendre leur voix. Pour beaucoup, il s'agira de leur première manifestation. Un rassemblement organisé par le Droit au Logement (DAL) qui a été les premiers à les soutenir...

 

Nadir Dendoune

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La bataille n’est pas gagnée mais les « chibanis » du 73 rue du Faubourg Saint-Antoine à Paris ont un peu retrouvé le sourire. « Il y a quelques semaines, quand nous avons appris que nous allions être expulsés, j’ai vraiment cru qu’on allait tous se retrouver à la rue », raconte Achour Amarouche, un Algérien de 69 ans, arrivé en France en 1963. « Aujourd’hui, de voir autant de monde venir nous soutenir, ça nous réchauffe le cœur », s’enthousiasme celui qui réside dans cet hôtel depuis 1980. - See more at: http://www.lecourrierdelatlas.com/776402092014Affaire-des-Chibanis-parisiens-le-combat-a-commence.html#sthash.NzzyF0La.dpuf
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